Guérir de l’indifférence [Rachel Carson ,The Sense of Wonder]

Peu avant de mourir, la fabuleuse Rachel Carson écrit The Sense of Wonder, un texte où elle raconte ses ballades en nature avec son neveu Roger. Dans un style qui oscille entre le témoignage, la poésie et l’essai, l’auteure montre combien le partage, la transmission d’un amour pour la nature, permet à l’enfant de se connecter au monde qui l’entoure. L’enfant s’émerveille, c’est sa nature. Il revient à l’adulte de redécouvrir avec lui son sens de l’émerveillement. Pour cela, le savoir est peu important. L’auteure insiste sur cet aspect à plusieurs reprises : »it is not half so important to know as to feel ». Il faut s’ouvrir et être réceptif; il faut réapprendre à utiliser tous nos sens. De l’attention à l’émerveillement, il n’y a qu’un tout petit pas. En lisant ce texte, je me disais que l’indifférence est sans doute le sentiment le plus destructeur, y compris notre indifférence à la douleur. Notre propre douleur comme celles des autres. L’émerveillement dont parle Carson est un remède à cette indifférence puisqu’il s’ancre dans l’engagement personnel et dans la volonté de « regarder » sans restriction ce qui nous entoure. Par là, on trouve ce petit endroit de connexion immuable au fond de nous. Ce petit endroit est gigantesque et un puissant moteur de changement.

The sharing includes nature includes in storm as well as calm, by night as well as day, and is based on having fun together rather than on teaching.

We have let Roger share our enjoyment of things people ordinarily deny children because they are inconvenient, interfering with bedtime, or involving wet clothing that has to be changed or mud that has to be cleaned off the rug.

If a child is to keep alive his inborn sense of wonder without any such gift from the fairies, he needs the companionship of at least one adult who can share it, rediscovering with hime the joy, excitement and mystery of the world we live in.

If facts are the seeds that later produce knowledge and wisdom, then the emotions and the impressions  of the senses are the fertile soil in which the seeds must grow.

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