La nature, cette chose insignifiante et miraculeuse [Annie Dillard, Pilgrim at Tinker Creek]

Dans cette narration renversante, Annie Dillard développe son propre vocabulaire, son propre rythme pour décrire ses observations faites lors de marches quotidiennes a Tinker Creek. Dillard n’est pas étrangère à la littérature scientifique; elle nous fait part de ses lectures en matière de botanique, d’entomologie et d’astrophysique, mais sa compréhension de l’environnement dépasse largement ces terminologies auxquelles elle insuffle une vie, une densité et, surtout, une intensité. De ses riches descriptions de phénomènes naturels et de comportements animaux, émergent des réflexions audacieuses sur les grandes questions existentielles comme « pourquoi sommes-nous ici? » ou « Dieu (entendu comme une entité créatrice à l’origine de l’univers) existe-t-il? ». Mais au-delà (ou en deçà?) de ces interrogations, une chose est certaine : la nature, lorsqu’on y est entièrement présent.e, nous guérit. Je retiens de ce livre, entre autres, le pouvoir de l’attention sur nos modes de pensée, nos modes d’être. Car pour Annie Dillard, observer la nature, c’est aussi examiner sa propre conscience.

On entre dans Pilgrim at Tinker Creek comme dans une forêt généreuse; partout où le regard se pose, de nombreux duels entre la vie et la mort sont en train de se jouer. La poète nous transmet sa fascination pour les grands paradoxes de l’existence; la vie y est à la fois insignifiante et miraculeuse, prévisible et surprenante, violente et magnifique.

Avertissement : il est IMPOSSIBLE de lire ce livre rapidement.

Mountains are giant, restful, absorbent. You can heave your spirit into a mountain and the moutain will keep it folded, and not throw it back as some creeks will.

Beauty and grace are performed whether or not we will or sense them. The least we can do is try to be there.

The world may be fixed, but it never was broken. And shadow itself may resolve into beauty.

Trees stir memories; live waters heal them. The creek is the mediator benevolent, impartial, subsuming my shabbiest evils and dissolving them, transforming them into live moles, and shiners, and sycamore leaves.

Evolution loves death more than it loves you or me.

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