Qui sont les cowgirls du Web?

J’ai écrit un article féministe pour le super numéro Textualités numériques de la revue Itinéraires. Littératures, texte, culture  et je n’ai pas écrit le mot « féministe » dedans. Ce n’est pas parce que j’ai de la misère avec ce mot, au contraire. Je le crierais sur tous les toits de notre monde à l’envers…

La petite histoire

Puisque la métaphore du Wild Wild Web et la figure du cowboy sont largement utilisées pour décrire le Web, j’ai voulu me pencher sur la figure de la cowgirl dont on ne parle jamais. Je ne parle pas de la cowgirl sexy qui fait un clin d’œil en jouant du lasso, ni de celle qui se promène à l’Halloween, non!

While the cowboy is our favorite American hero […] most of us see the cowgirl as a child who will grow up someday and be something else.

Je parle des vraies cowgirls, de ces femmes oubliées de l’histoire; celles qui se sont approprié avec force, audace et persévérance des territoires. Celles qui ont trimé durs. Celles dont Teresa Jordan a rassemblé les récits dans son magnifique livre Cowgirls : Women of the American West (les citations en anglais, dans ce billet, proviennent de cet ouvrage).

Cowboys hold a place dear to our hearts. Their independence, self-assurance, and pragmatic savvy endear them to us as heroes. The women in this book share those qualities. They deserve an equal canonization.

Ces cowgirls ne se disent pas féministes, elles n’ont pas le temps ni l’envie de théoriser leur pratique : elles travaillent sur leur terre à longueur de journée. C’est de cette manière qu’elles prennent leur place dans le monde. Chacun de leur geste est une affirmation de l’équité homme/femme.

All share a deep emotional attachment to the land that translates in a rich, grass-roots eloquence.

Les cowgirls du Web, j’en ai trouvées plein et j’en ai choisies quelques-unes. J’ai décidé de les appeler « écriveuses du Web ». J’aurais pu tout simplement garder « cowgirls », mais il me fallait appuyer davantage l’idée que ces femmes s’approprient des espaces sur le Web par l’écriture.

L’expression écriveuses réfère ainsi directement à l’acte d’écrire : « qui sont en train d’écrire, là, maintenant ». Les écriveuses aiment écrire souvent et ne font pas nécessairement des œuvres, mais surtout des billets de blog, des tweets, des statuts Facebook. Elles s’intéressent profondément à leur terre, c’est-à-dire au Web lui-même, qu’elles connaissent en profondeur.

Parfois écrivaines, artistes ou théoriciennes, ce sont avant tout, comme les cowgirls, des raconteuses d’histoires. Et ces histoires, elles les écrivent avec toute la panoplie d’écritures médiatiques que permet le Web. Dans l’article, je propose deux notions qui permettent de théoriser la pratique de ces femmes: l’abondance et le remix. Ce sont des notions qui m’apparaissent productives pour analyser la cyberculture de manière générale.

Most cowgirls are natural storytellers.

Si certaines écriveuses s’identifient au féminisme, d’autres, pas du tout ! C’est pourquoi il était important pour moi de ne pas leur accoler le terme.

Le numéro auquel l’article participe est rempli de nouvelles idées sur la cyberculture et sur l’écriture en ligne. Je vous en conseille fortement la lecture si le sujet vous intéresse. Cliquez ici pour lire la présentation qu’en a fait Marie-Anne Paveau et cliquez sur l’image ci-bas pour naviguer à l’intérieur du numéro.

textualitéimage

Bonne lecture!

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