On veut plus d’art nature, svp!

La pluie vient de cesser, ça sent bon et il n’y a rien de plus exaltant pour moi que de chausser mes bottes de marche pour aller voir une exposition d’arts visuels. Chaque année, je ne manque pour rien au monde le Symposium d’art nature aux Jardins du Précambrien, à Val-David pour lequel on est invité à parcourir des sentiers truffés d’œuvres d’art : ce genre d’événements est trop rare près de Montréal. La thématique de LIEUX/LIEUES a été choisie par la jeune commissaire Chloë Charce, sous la direction artistique de René Derouin pour réunir huit nouveaux artistes d’ici et d’ailleurs. On pouvait les voir à l’œuvre durant les deux premières semaines d’ouverture du Symposium, il s’agit d’une nouveauté pour cet événement qui existe maintenant depuis près de vingt ans (1995).

Monica Bengoa, Les joies ineffables de l’énumération, 2013
Accompagnée de ma petite famille et avec le porte-bébé, le sac à dos de toddler et tout le kit, je me suis rendue sur les lieux alors que les œuvres étaient terminées. Mais une œuvre d’art nature ne commence véritablement que lorsque la confection de l’artiste est terminée, car c’est à ce moment que la nature entame son beau travail. On peut le constater lorsque, dans les sentiers, on aperçoit les ruines ou parfois les restes intacts des œuvres des années passées que l’on a choisi de laisser là : un choix que je trouve tout particulièrement judicieux.

Vue, un sentier du Symposium
Le projet électroacoustique de Jean-François Blouin entame le nouveau parcours. Le mélange des sons naturels et électroniques donne cette curieuse impression que les éléments de la nature ambiante se sont dotés de toutes nouvelles sonorités. Et ça y est, notre perception de la forêt vient de se transformer jusqu’à la prochaine étrangeté posée sur notre route : un mur! Ça surprend. Guillaume LaBrie a percé une silhouette de coyote dans cette cloison qui fait écran à une parcelle du paysage. Cela nous force à reconsidérer complètement l’espace. Alors que le mur est inévitable, l’œuvre de Sherry Hay se dissimule dans la densité de la forêt. Des centaines de petits points roses, suspendus dans les arbres et bougeant au gré du vent, donnent l’impression de « clignoter ». Plus on y porte attention, plus on en voit. L’effet est fascinant, regardez attentivement :

Sherri Hay, Des millions de feuilles, 2013
Monica Bengoa et Huberto Diaz ont choisi de décorer un peu les arbres. La première a posé des lettres de feutres autour des troncs qui, telles des écharpes enroulées autour d’un cou, semblent les protéger du froid et se les emparer en leur accolant les mots d’une citation de Perrec, par exemple. Le deuxième a quant à lui construit ce que j’ai envie d’appeler un beau bataclan. Des objets du quotidien, surtout des meubles, sont amassés et élevés en sculpture à l’équilibre précaire et en tension autour d’un arbre. À ne pas faire : 
Humberto Diaz, Petites connexions, 2013
Autour de l’installation, Diaz ramène les crayons de plomb à son origine. Ceux-ci sont plantés dans les troncs d’arbre accompagnés parfois d’un vieil aiguisoir à poignée. Entre les deux œuvres, on retrouve le travail sonore de Wes Johnston. L’artiste a planté des hauts parleurs en bois dans la forêt. Ces petites architectures rassurantes, qui donnent l’impression d’avoir poussé comme des champignons, nous transportent pourtant dans un univers sonore inquiétant.

Wes Johnston, TBD, 2013
Non loin de là, le collectif Zoné vert a créé des sculptures-installations faites à partir de troncs d’arbres dans lesquelles on est invité à circuler ou à jouer à cache-cache, c’est selon :

Zoné vert, Le lieu de l’homme, 2013
Dans un cas ou dans l’autre, l’expérience de l’espace y est toute singulière.

Josée Aquelin a investi le Sentier de la poésie avec sa pyramide Amirondienne s’élevant au milieu de quatre chaises qui lui font dos, invitant ainsi le spectateur à s’imprégner davantage de la nature ambiante et de sa dimension spirituelle et poétique. 
***
Je me sens souvent tiraillée entre deux passions : les arts visuels et le plein air. À mon sens, elles génèrent deux modes de vie complètement différents. Mon amour pour les arts visuels m’encourage à rester dans la grande métropole où je suis submergée d’œuvres publiques, d’expositions et d’évènements stimulants. Et mon grand besoin de plein air me donne envie de déménager à la campagne et de m’acheter une maison dans le bois. 

Conclusion : on veut plus d’art nature svp!

Symposium d’art nature LIEUX-LIEUES
Jardins du Précambrien, Val-David
Jusqu’au 20 octobre

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