Une thésarde sur Twitter!

Je lis et j’écris des Tweets en rédigeant ma thèse : c’est mon petit côté ado, je veux dire « forever teenager »! Comme si on en sortait un jour. Adolescence déf.: Période de la vie marquant le passage de l’enfance à l’âge adulte caractérisée par un désir d’indépendance accrue. Ce désir est souvent comblé par une dépendance accrue à autre chose. Aux médias sociaux, par exemple. Enfin, je canalise ce désir dans une « éthique du hacker« .

Pourquoi tweeter? Pour rester connectée sur les actualités générales, comme spécifiques et les appréhender dans ma propre lorgnette critique, comme ludique. L’hermétisme généré par la rédaction de la thèse n’est pas toujours sain, mais une petite obsession malsaine pour la thèse est nécessaire. 140 caractères de n’importe quoi, ça fait du bien et ce n’est pas trop compromettant!




Pour faire partie d’une ou plusieurs communautés sémantiques qui m’intéressent et me divertissent. « Il faut choisir tes ami(e)s » disent les mères à leur ado! C’est bien vrai. Sur Twitter, j’ai des amis hyper intellos/technos qui me refilent des sources intéressantes pour ma thèse et d’autres qui me font cramper de rire, comme le cynisme extraordinaire de @kellyoxford. Le but est de ressentir une connexion, encore une fois, pour briser l’isolement.

Pour dériver avec @victoriawelby @bbordelau et @alicevdk. Dériver, c’est un peu comme jouer à la hashtag en racontant des événements saugrenus (« jouer à la hashtag » c’est l’expression de @saint_henri). On y décrit un micro-événement en y ajoutant ceci « #dérive« . Ça permet de 1) constater que le monde sensible existe encore 2) y porter attention lorsqu’on sort dehors et 3) avoir l’impression de jaser avec du monde qui s’en étonne aussi.



Continuer de faire de la self-celebration (j’aime mieux cette expression que celle du personal branding, c’est plus festif). Enfin, on divulgue ses propres recherches surtout dans un souci de partage, dans le but de rejoindre les internautes qui portent des réflexions sur des sujets similaires. Le mot d’ordre est : « faire circuler les idées » et l’esprit est communautaire.


Pour répandre les bonnes nouvelles comme les Truismes de @jennyholzer. Jenny Holzer était mon artiste préférée lorsque j’ai entamé mes études universitaires en Histoire de l’art. Ses fameux Truismes installés dans le meat space, modifiables sur un site Internet, apparaissent comme des revenances sur ma page Twitter. À chaque fois, ils me rappellent les raisons pour lesquelles j’ai investi ce champ de recherche, une source où il fait bon puiser lorsqu’on rédige une thèse.


Pour propager l’art Twitter. Parce que c’est fou ce que l’on peut faire avec de simples caractères, surtout quand on est @djspooky. Penser les caractères en images, ça ouvre des perspectives…


Pour être un acteur de la cyberculture : remixer, s’approprier, détourner, mais aussi partager, propager, retweeter, faire du modified retweet avec ce que j’aime. Mettre l’accent sur ce que l’on aime, ça devient de plus en plus essentiel sur Internet, car il est prouvé que ce qui est le plus longuement conservé est ce qui est le plus remixé.


Pour dénoncer des situations universitaires sordides et déplorables. Les médias sociaux permettent une propagation virale de messages en apparence anecdotiques : « L’anecdote est dans la vie ce que l’aphorisme est à la pensée : quelque chose à interpréter » (Deleuze).

Pour la révélation théorique. Une petite phrase, une citation, une nouvelle référence ou quelques mots lancés dans la Twittosphère par l’un de ses habitants peuvent faire basculer les réflexions qui m’habitent.

Pour faire la révolution. On sait combien les médias sociaux ont contribué aux révolutions récentes. Sans viser une telle ampleur, on peut se faire des petites révolutions à soi-même. Quand on écrit une thèse, ça fait du bien de se donner l’impression de soulever des montagnes même s’il n’en est rien. C’est du fuel pour l’écriture!
Pour partager des références. Loin devant Google et mon feed RSS, Twitter est devenu le meilleur outil pour mettre ma revue de littérature et d’oeuvres de Net Art à jour. Les articles et les oeuvres sont à peine parus qu’ils apparaissent sur ma page. Je me retrouve à lire beaucoup plus que je ne le croyais. Il paraît qu’à l’heure actuelle, le seul moyen d’innover, est d’élargir son bassin de connaissances, de lire démesurément.
Pour épater la galerie en donnant des aperçus en 140 caractères des réflexions qui seront dans ma thèse. Plus sérieusement, quand une question m’habite fortement, j’aime bien la mettre « quelque part », qu’elle fasse un petit bout de chemin toute seule.


Pour rendre la rédaction de ma thèse vivante, vibrante, énergique jusqu’à la fin. Il faut prévenir les carences!



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