The Digital Humanities Manifesto 2.0 : J’achète!!!

Je viens de prendre connaissance de ce Manifesto qui, semble-t-il, est encore en chantier. On peut toutefois télécharger une version préliminaire. Avis aux intéressés : les auteurs acceptent les commentaires et les propositions!

J’avoue que je suis assez enchantée par la majeure partie des idées qui y sont véhiculées (la fin des disciplines, l’absence de coupure entre la théorie et la pratique, l’idée de laisser de côté le langage et le texte : une image, un son..etc. sont des manières de créer de la connaissance, ils peuvent devenir des arguments). Je réfléchis beaucoup à ces idées dans le cadre de ma thèse. Il y a déjà un moment que j’ai constaté les lacunes de l’histoire de l’art pour décrire ou analyser les œuvres de mon corpus, je le pense maintenant aussi pour tout objet de recherche. Je suis bien contente de me retrouver au Doctorat en sémiologie, mais tout de même heureuse d’avoir étudié en histoire de l’art avant d’être plongée dans un doctorat interdisciplinaire. L’interdisciplinarité, ce n’est pas l’absence des disciplines, au contraire, ça suppose une certaine reconnaissance de celles-ci, mais ça permet, petit à petit, de s’assouplir. Les frontières deviennent de plus en plus poreuses au fil des rencontres avec ceux dont la formation provient d’un autre champ disciplinaire. Mais, pour cela, il faut être ouvert à la rencontre. J’ai souvent vu des gens croire qu’ils pratiquaient l’interdisciplinarité en calquant des théories littéraires, par exemple, sur des images. Ça ressemble plus à une conquête pour sa discipline qu’à une ouverture vers l’autre. Le manifesto offre des pistes intéressantes à ce sujet.

Récemment, je constatais également l’importance de la création dans ma démarche méthodologique. Parfois, ce qui permet de rendre compte d’une œuvre, c’est de créer quelque chose à partir de l’expérience qu’elle offre. C’est ce que font les théoriciens qui m’animent le plus, mais ils écrivent. Pourtant, ce n’est pas nécessaire que cette création soit un texte…Warburg l’avait bien compris, mais je crois que par la suite, aucun « historien d’art » n’a pu assumer cette posture. Au contraire, ils sont complètement dans le texte : ils revendiquent leur savoir sur les images par le texte. Ça m’apparaît un peu paradoxal. Enfin, le manifesto redonne un peu de légitimité aux autres formes du savoir (image, son) qui sont, à ce jour, encore trop souvent accessoires au texte. Évidemment, un manifesto, c’est principalement du texte, mais les images (il y en a pas mal) apportent vraiment quelque chose.

Quelques fragments du manifesto :

« Disciplines and disciplinary traditions can be wellsprings of quality, depth, and rigor. They can also be bastions of small thinking, clerical privilege, and intellectual policing. But do traditional departments really provide an effective means to safeguard a central role for the Humanities in contemporary society? Why, then, haven’t they evolved? Why defend the very disciplinary structures that emerged in the course of the formation of modern universities in the 19th century even when the intellectual ground has shifted out from under their feet? « 

« Curation means making arguments through objects as well as words, images, and sounds. It implies a spatialization of the sort of critical and narrative tasks that, while not unfamiliar to historians, are fundamentally different when carried out in space—physical, virtual, or both—rather than in language alone. »

« The dichotomy between the manual realm of making and the mental realm of thinking was always misleading. Today, the old theory/praxis debates no longer resonate. Knowledge assumes multiple forms; it inhabits the interstices and criss-crossings between words, sounds, smells, maps, diagrams, installations, environments, data repositories, tables, and objects. Physical fabrication, digital design, the styling of elegant, effective prose; the juxtaposing of images; the montage of movements; the orchestration of sound: they are all making. »

[…]

« We’ll rename the manifesto.
In the meantime, let’s get our hands dirty. »

Source : Mattscape

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